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vendredi 3 mars 2017


Liberté

Sur mes cahiers d'écolier 
Sur mon pupitre et les arbres 
Sur le sable sur la neige 
J'écris ton nom 

Sur toutes les pages lues 
Sur toutes les pages blanches 
Pierre sang papier ou cendre 
J'écris ton nom 

Sur la jungle et le désert 
Sur les nids et les genêts 
Sur l'écho de mon enfance 
J'écris ton nom 

Sur les merveilles des nuits 
Sur le pain blanc des journées 
Sur les saisons fiancées 
J'écris ton nom 

Sur tous mes chiffons d'azur 
Sur l'étang soleil moisi 
Sur le lac lune vivante 
J'écris ton nom 

Sur les champs sur l'horizon 
Sur les ailes des oiseaux 
Et sur le moulin des ombres 
J'écris ton nom 

Sur chaque bouffée d'aurore 
Sur la mer sur les bateaux 
Sur la montagne démente 
J'écris ton nom 

Sur la mousse des nuages 
Sur les sueurs de l'orage 
Sur la pluie épaisse et fade 
J'écris ton nom 

Sur les formes scintillantes 
Sur les cloches des couleurs 
Sur la vérité physique 
J'écris ton nom 

Sur les sentiers éveillés 
Sur les routes déployées 
Sur les places qui débordent 
J'écris ton nom 




Sur la lampe qui s'allume 
Sur la lampe qui s'éteint 
Sur mes mains réunies 
J'écris ton nom 

Sur le fruit coupé en deux 
Du miroir de ma chambre 
Sur mon lit coquille vide 
J'écris ton nom 

Sur mon chien gourmand et tendre 
Sur ses oreilles dressées 
Sur sa patte maladroite 
J'écris ton nom 

Sur le tremplin de ma porte 
Sur les objets familiers 
Sur le flot du feu béni 
J'écris ton nom 

Sur toute chair accordée 
Sur le front de mes amis 
Sur chaque main qui se tend 
J'écris ton nom 

Sur la vitre des surprises 
Sur les lèvres attentives 
Bien au-dessus du silence 
J'écris ton nom 

Sur mes refuges détruits 
Sur mes phares écroulés 
Sur les murs de mon ennui 
J'écris ton nom 

Sur l'absence sans désir 
Sur la solitude nue 
Sur les marches de la mort 
J'écris ton nom 

Sur la santé revenue 
Sur le risque disparu 
Sur l'espoir sans souvenir 
J'écris ton nom 

Et par le pouvoir d'un mot 
Je recommence ma vie 
Je suis né pour te connaître 
Pour te nommer 

Liberté…

vendredi 24 février 2017

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu: - Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l'enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !

mercredi 15 février 2017

J'veux caresser la lune et décrocher les étoiles 
Car, si j'suis sur mon nuage, je n'peux que rêver 
J'veux caresser la lune et décrocher les étoiles 
Et croire qu'on est un peu plus que c'qu'ils pensent qu'on est 
un peu d'folie venue d'ailleurs, c'est la fête dans mes pages
Et j'suis pas tête en l'air, j'ai la tête dans les nuages
Petit, je rêvais d'capes, j'le disais pas aux potes
J'prends mes notes sur les étoiles, ça fait d'moi un astro-note
Et Chuck buss est Africain, c'que je dis, c'est pas cliché
Et, si j'finis là-haut, maman m'dira : "T'as pas triché"
Et, si j'suis étoile, j'l'ai dit, c'est au mérite
Le soleil me nargue tant qu'c'est lui qui est en haut
Un jour, j'serai en haut, vous leur direz, j'y compte bien
Et, si je tombe de haut, moi, je dirai que ça tombe bien
J'vais m'envoyer en l'air, j't'emmène, vas-y, monte
Chez nous, se détendre trop, c'est appuyer sur la détente
Et, une fois dans le ciel, je prierai que j'm'éteigne plus
Et j'ai pas peur de l'Homme, même les pigeons ne le craignent plus
Et si j'suis tout là-haut, ils n'pourront m'mettre que des coups bas
J'ai confiance en personne, mais pourquoi j'le dirai tout bas ?