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vendredi 24 février 2017

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu: - Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l'enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !

mercredi 15 février 2017

J'veux caresser la lune et décrocher les étoiles 
Car, si j'suis sur mon nuage, je n'peux que rêver 
J'veux caresser la lune et décrocher les étoiles 
Et croire qu'on est un peu plus que c'qu'ils pensent qu'on est 
un peu d'folie venue d'ailleurs, c'est la fête dans mes pages
Et j'suis pas tête en l'air, j'ai la tête dans les nuages
Petit, je rêvais d'capes, j'le disais pas aux potes
J'prends mes notes sur les étoiles, ça fait d'moi un astro-note
Et Chuck buss est Africain, c'que je dis, c'est pas cliché
Et, si j'finis là-haut, maman m'dira : "T'as pas triché"
Et, si j'suis étoile, j'l'ai dit, c'est au mérite
Le soleil me nargue tant qu'c'est lui qui est en haut
Un jour, j'serai en haut, vous leur direz, j'y compte bien
Et, si je tombe de haut, moi, je dirai que ça tombe bien
J'vais m'envoyer en l'air, j't'emmène, vas-y, monte
Chez nous, se détendre trop, c'est appuyer sur la détente
Et, une fois dans le ciel, je prierai que j'm'éteigne plus
Et j'ai pas peur de l'Homme, même les pigeons ne le craignent plus
Et si j'suis tout là-haut, ils n'pourront m'mettre que des coups bas
J'ai confiance en personne, mais pourquoi j'le dirai tout bas ?